« Fais toi plaisir, prend un dessert » mais « Evite de manger trop sucré, pour ta santé et pour ressembler au mannequin de la photo ». 

« Just Do it / fais- le juste ! » (ce rêve, ce saut dans l’inconnu), mais d’abord « Sécurise-toi, épargne pour plus tard, investit dans l’immobilier, souscrit à des assurances en tout genre » 

« Soit la mère présente pour tes enfants ainsi que la business woman » mais « Prend soin de toi, soit sexy, et toujours de bonne humeur ».

En voyant une affiche dans la rue qui faisait la publicité d’une crêpe au nutella avec un mannequin en maillot de bain juste à côté, je me faisais la réflexion que nous sommes bombardés d’injonctions paradoxales. Cette notion, que l’on peut aussi nommer la double contrainte a été définie par l’anthropologiste Bateson, qui définit la double contrainte comme une situation dans laquelle une personne est soumise à deux contraintes ou pressions incompatibles ou contradictoires. La personne se sent prisonnière de la situation, car elle est face à un problème insoluble, ce qui engendre de la tension.

Dire à quelqu’un de se faire plaisir en mangeant de la nourriture très grasse ou très sucrée montrée dans des publicités et lui montrer à la seconde suivante des images lui faisant croire qu’il doit être mince et répondre aux codes de la beauté, c’est le mettre dans une situation où il est bloqué. En effet, il peut difficilement répondre à l’une des injonctions sans compromettre l’autre !

C’est comme dire à une personne stressée : « détend-toi ». On sait très bien qu’il est impossible de se détendre simplement sur demande. En conséquence, cette injonction crée encore plus de stress chez la personne car en plus de se sentir stressée, elle ne peut répondre à la demande de se détendre dans l’instant. On peut aussi vivre ça quand on est face à deux personnes, deux parents par exemple, qui nous demandent au même moments de faire quelque chose de différent.

J’ai le souvenir d’avoir vécu ça en entreprise où on me demandait de délivrer un travail dans des délais très serrés tout en assurant une très bonne qualité et beaucoup de rigueur. Il est évident qu’il était impossible d’atteindre l’objectif fixé : il fallait soit sacrifier la qualité, soit sacrifier le délai. Je me souviens avoir été dans un état de stress intense à sacrifier mon temps de sommeil pour essayer de faire quelque chose qui m’était demandé et qui était, quasi-impossible. J’ai compris par la suite que c’était plus ou moins fait exprès pour « motiver » les gens à donner le « meilleur » d’eux-même.

D’après des études, ces injonctions paradoxales seraient responsables de bon nombre de troubles mentaux (anxiété, dépression, voir schizophrénie) ainsi que du burn-out. 

Peut-être qu’on peut aller plus loin et élargir ça aux injonctions en général.

Tout ce qui nous dit d’être, de faire ou de penser quelque chose va entraver notre capacité à être pleinement Qui on a envie d’être.

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